Protoxyde d’azote: une nouvelle cause de paralysie chez les jeunes

On en voit partout : dans les parcs, aux soirées, sur les réseaux. Les petites cartouches argentées et les ballons gonflés sont banalisés. Le protoxyde d’azote – ou “proto”, a cette image de défonce légère, pas chère, qui dure deux minutes. Derrière cette façade innocente se cache une réalité médicale (qu’on préfère souvent ignorer.)

Le proto en bref

C’est un gaz utilisé normalement en médecine comme anesthésiant, ou dans les siphons pour faire de la chantilly. Quand on l’inhale, il provoque une sensation d’euphorie, de détachement, parfois des hallucinations visuelles ou auditives pendant quelques secondes à quelques minutes. L’effet est bref, ce qui pousse beaucoup à enchaîner les ballons.

Le problème ? Ce qui semble inoffensif parce que ça ne dure pas longtemps peut avoir des conséquences durables, voire permanentes.

Le danger : empêcher vos nerfs de fonctionner

Le protoxyde d’azote inactive la vitamine B12 dans votre corps. Cette vitamine (vitamine = “substance nécessaire à la vie, dont le corps ne peut pas se passer” ) fait fonctionner votre système nerveux et la production de globules rouges.

Les symptômes peuvent apparaître progressivement :

  • Des fourmillements dans les mains et les pieds (paresthésies)
  • Une faiblesse musculaire qui s’installe
  • Des troubles de l’équilibre et de la coordination
  • Dans les cas graves : une paralysie ou des lésions irréversibles de la moelle épinière

Ces dommages neurologiques peuvent devenir permanents.On parle de séquelles à vie chez des jeunes de 20-25 ans après quelques mois de consommation régulière.

Question de dose

Soyons clairs : quelqu’un qui fait un ballon une fois par curiosité ne va pas finir paralysé. Mais le risque augmente drastiquement avec la fréquence et la quantité.

Si vous consommez plusieurs dizaines de cartouches par session, ou si vous faites ça régulièrement (plusieurs fois par semaine ou par mois), vous jouez à la roulette russe avec votre système nerveux.

Il n’y a pas de seuil de sécurité clairement établi.

Certains développent des complications après quelques semaines, d’autres après quelques mois.

d’ autres risques

Au-delà de la B12, le proto peut causer :

Des accidents : perte de connaissance, chutes, traumatismes crâniens.

Des crises d’étouffement : pneumomédiastin (présence d’air dans la cage thoracique), œdème pulmonaire, surtout si vous inhalez directement depuis la cartouche.

Des troubles psychiques : dépression, agitation, hallucinations, changements de personnalité, dépendance (Oui c’est une drogue . J’ai créé cet article dans la série “addictions”.)

Des problèmes de cœur ou du cerveau : l’inactivation de la B12 favorise les thromboses veineuses, les embolies pulmonaires, AVC ou infarctus. Même à 20 ans.

Quand s’inquiéter ?

Si vous / quelqu’un de votre entourage présente ces signes après avoir consommé du proto, (ou sans, d’ailleurs…) c’est une urgence médicale :

  • Fourmillements persistants dans les extrémités
  • Difficulté à marcher ou à coordonner ses mouvements
  • Faiblesse musculaire inhabituelle
  • Confusion, troubles de la mémoire
  • Essoufflement ou douleur thoracique

Le traitement existe – arrêt immédiat + supplémentation massive en vitamine B12 – mais plus vous attendez, plus les dégâts peuvent être irréversibles.

Le message à retenir

Le proto n’est pas “juste un trip rapide et sans conséquence”.

Si vous consommez régulièrement : est-ce que ça vaut la peine?

De risquer la paralysie ou d’autres accidents “quelques secondes d’euphorie ?

Parce que “vous le valez bien”.

Si vous ne pouvez plus vous en passer, enchaînez les cartouches, c’est le moment d’en parler: à un médecin, un proche, une asso de réduction des risques.

Même les plus forts peuvent avoir besoin d’aide .


anneb9270

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